Parmi les traditions berbères, c'est l'architecture berbère qui est la plus
étonnante. Tout architecte moderne reste perplexe devant l'harmonie de cet habitat ocre sorti de terre. A l’origine, cet habitat fut édifié par des familles de nomades qui, ayant décidé de se sédentariser, recherchèrent une construction plus solide que
leur tente de laine.
Ils ont su l'adapter aux conditions climatiques, pour faire face aux canicules d'été et aux températures
fraîches en hiver, les habitants ksouriens utilisant les étages au rythme des saisons.
Aït-Ben-Haddou (en tifinagh ⴰⵉⵜ ⵃⴰⴺⵓ, en arabe : آيت
بن حدو) en est l'exemple le plus célèbre.
Les maisons se regroupent à l'intérieur de ses murs défensifs renforcés par des tours
d'angle. Il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de
l'Unesco depuis 1987.
Il est difficile de préciser l’époque de la construction d’Aït Ben Haddou, mais l’occupation humaine de la
région renvoie à la plus haute antiquité. On sait que dans cet « ighrem » cohabitait selon un système hiérarchique très élaboré une population amazighophone composée de Blancs et de Noirs, de
Juifs et de Musulmans. L’ancien ksar, qui était encore occupé aux lendemains de l’indépendance du Maroc, en 1956, sera progressivement déserté par la population qui préférera construire un
nouveau village sur la rive droite de l’Assif Marghen.
Avant l'architecture en terre était la tente
noire ou Khayma, constituée d'un pièce de tissus
carrés assemblés entre eux et de deux perches :
Quatre piquets de 1m50 soutiennent les coins en A1, A2, A3 et A4.
La tente fournit donc un toit de 30 m2 sans murs. On peut facilement fixer des tissus à la corde
qui entoure la toile, et les faire pendre jusqu'au sol, afin d'obtenir un espace fermé.
Les réunions des femmes dans la Khayma dans leur coin réservé spécialement pour
elles, les activités domestiques quotidiennes, mettent en relief le rôle de la femme dans le quotidien de la khayma.Ce rôle primordial qui lui permet de s'occuper des enfants, des tâches
ménagères, de la fabrication du beurre et de la crème, du tissage et de la fabrication de cette même tente qui est le cœur battant de la vie au désert.
C'est aussi une expression de statut social."Khayma Kbira" une grande tente,
signifie tente d'une personne généreuse, brave ou notable. "Khayma sghira" signifie, bien sûr, famille radine, non hospitalière. Autant de mots et d'expressions très connus dans ce monde nomade,
vivant en collectivité et maintenant leurs liens avec une grande solidarité. Celle-ci est exprimée en premier lieu par la fabrication collective de la tente avec tout un cérémonial accompagnant
cette confection en groupe appelée «twiza».
"Lafrig" il s'agit d'un
ensemble de tentes dressées sur une parcelle de terrain ou de territoire connu sous le nom de "Manzilah"(camping).
Pour baratter le lait, la femme s’accroupit à même le sol, sur une
natte, saisit de la main droite le fond de la chekoua et de la paume de la main, lui donne un mouvement de va-et-vient. C’est cette impulsion
régulière et continue qui baratte le lait. Il faut une trentaine de minutes pour terminer l’opération.
Elle se rend compte que le beurre est fait au bruit : les chocs que les petits morceaux de beurre
produisent contre la paroi.
Pour ramasser le beurre, elle dispose par terre, autour d’elle, les objets qui lui sont nécessaires :
un pot rempli d’eau, un methred (coupe avec pied en argile) contenant du sel. Elle se lave soigneusement les mains, plonge ensuite la droite dans la chekoua, en retire délicatement le beurre par
poignées et le dépose en le triturant délicatement avec de l’eau, pour le séparer du lait qu’il peut contenir encore.
Cette opération terminée, elle jette l’eau, étale le beurre au fond du plat, le sale et, le prenant à
pleines mains, le met dans un pot de terre pour le conserver. Chaque jour, elle augmente sa réserve ; quand le pot est plein, elle le ferme hermétiquement à l’aide d’un linge et d’un tampon de
terre glaise. Elle met de côté, en dehors de ce qui est nécessaire à la consommation quotidienne, une quantité de beurre suffisante pour subvenir à la cuisine familiale jusqu’au printemps suivant,
sachant qu’un litre de lait de chèvre donne approximativement 100 grammes de beurre de très bonne
qualité.
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